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Les dix mots et expressions à bannir au travail en 2021

Carrière

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13/01/2021

Chaque année, c’est le même tintouin. À minuit zéro une le 1er janvier, on se promet - à soi et aux autres - d’enfin tenir la liste de bonnes résolutions qu’on avait déjà dressée à la rentrée de septembre. Dans la vie professionnelle, on jure, une coupette à la main : on sera plus bienveillant avec nos collègues, on bossera un peu moins, un peu plus, on demandera cette augmentation bien méritée… Bizarrement, ça ne marche pas à tous les coups ! Mais s’il y a une chose facile à faire pour 2021, c’est de bannir du bureau (ou du salon, pour les télétravailleurs) les 10 mots et expressions corpo qu’on ne supporte plus ! Pour cela, on a demandé à Quentin Périnel, journaliste et chroniqueur au Figaro, auteur de « Les 100 expressions à éviter au bureau et ailleurs », de nous livrer sa petite sélection. Objectivité 100% garantie.

1. « Dans le contexte actuel »

Par pitié, stop. Oui, la crise sanitaire n’a que trop duré. Elle nous sort par les oreilles. Mais ce n’est pas une raison pour réduire notre existence à ce fameux « contexte actuel », un tic de langage envahissant, pénible, qui gangrène discussions, mails, et présentations. À titre personnel, mon contexte actuel ne se limite pas au Covid-19. Comme vous, j’ai une vie. Et comme vous – je l’espère – j’ai mille autres raisons de me réjouir et de ne pas limiter ma vie au masque et au gel hydroalcoolique.

2. « Présentiel / distanciel »

Ce n’est pas parce que le Petit Robert a homologué et attesté la « distanciation sociale » dans son édition de 2021 – signe que cette époque trouble laissera des séquelles linguistiques – que nous sommes obligés de les utiliser à toutes les sauces, à la machine à café ou sur Teams. Selon une étude indépendante et autofinancée que j’ai menée méticuleusement, les mots « présentiel » et « distanciel » sont ceux qui reviennent dans les premières phrases d’un échange entre collègues, dans 81% des cas. C’est trop.

3. « Je rebondis »

Une valeur sûre de la réunion à distance ou dans la vraie vie physique ! « Je rebondis sur ce que tu viens de dire… » Soit ! Essaie de ne pas rebondir trop loin. Ce faux-frère du cultissime « je reviens vers toi » est en train de prendre une importance majeure dans notre novlangue corporate. Avec cette même recette : l’utilisation d’un verbe qui évoque un mouvement physique – important, dans le cas de « rebondir » – tout cela sans bouger de notre chaise !

4. « Prends soin de toi »

Il fut un temps – il y a à peine un an – où nous finissions nos appels, courriels, et n’importe quels échanges par des formules comme « bonne journée ! », « à bientôt ! », « à très vite ! », « excellente fin de journée ! » ou encore « belle journée ! » Assez impersonnel, évidemment. Mais au moins, au milieu de toutes ces expressions toutes faites, nous avions le choix. Désormais, c’est comme si l’ensemble des Français avait uniformisé sa boîte Outlook pour terminer chaque mail par « prends soin de toi ». Certes, cela part d’une bonne intention. Mais à haute dose de lecture, cela peut avoir l’effet inverse de celui escompté !

5. « Apprendre à être résilient »

Prendre soin de soi, et surtout, être résilient ! Cela fait déjà quelques années que la résilience est la star des bouquins de développement personnel et autres posts inspirants. C’est un terme que j’ai tellement vu – surtout cette année – que j’ai désormais à son endroit une réaction épidermique. Si l’on était vraiment résilients, justement, ce terme ne serait pas employé à tout-va, altérant ainsi son sens et son sérieux…

6. « Webinar »

Vous prendrez bien un verre de Brouilly avec vos saucisses et votre Webinar ? Si vous avez lu « épinards » c’est tout à fait normal. C’est peut-être le mot le plus laid que la crise du Covid a engendré. Et évidemment, pour le rendre encore plus indigeste, il est employé à haute fréquence… Faites défiler votre fil d’actualités LinkedIn. Je vous donne vingt secondes pour le voir apparaître. Regardez vos mails non-lus : vous trouverez forcément une ou deux invitations à participer à un événement en ligne, dont – le plus souvent – vous n’avez que faire. « Webinar » est l’exemple typique de ces anglicismes dont on ne peut se passer parce qu’il n’existe aucun équivalent crédible en français.

7. « Quand l’activité reprendra »

Si la crise sanitaire a effectivement engendré des difficultés sans précédent pour beaucoup d’entreprises de différents secteurs, dans beaucoup d’autres cas, ce tic de langage est surtout l’occasion de rigoler un bon coup : « Parlons-nous quand l’activité reprendra ! » Sans blague ! Encore faut-il qu’elle ait réellement cessé à un moment donné… L’activité, même limitée, ne cesse jamais vraiment. En vérité, cette formulation est aussi une excellente façon d’expédier, par mail, une demande que l’on ne juge pas urgente.

8. « Référent Covid »

Pendant la crise sanitaire, le « référent Covid » est devenu l’employé de l’année, celui à qui parler au bureau, remplaçant même la star du moment : le directeur du RSE et du développement durable ! Même si tout ceci n’est que temporaire et qu’il n’est pas nécessaire de mettre à jour notre profil LinkedIn en conséquence, j’ai l’impression que nous sommes à tous, à nos échelles respectives, des référents Covid. La preuve : parvenez-vous à faire abstraction du Covid lors d’une discussion entre collègues ? Les « infos Covid » du bureau circulent encore plus vite que les rumeurs du monde d’avant…

9. « Les belles personnes »

Popularisée par Christophe Honoré dès 2008 avec le film éponyme, l’expression jouit depuis d’une popularité grandissante qui ne se limite pas au tapis rouge du festival de Cannes : dans le jargon corporate, une « belle personne » est celle qui a une raison d’être, des valeurs, des principes… Une belle personne est quelqu’un dont la carrière et le travail ont du «sens» pour la société. Vous les voyez, toutes ces belles personnes ?! Évidemment, ce monde n’est pas toujours sérieux…

10. « À titre personnel »

J’ai réalisé que c’était mon tic de langage 2020, celui contre lequel je dois absolument lutter en 2021. Il n’a rien d’incorrect. Simplement, le prononcer cinq fois en dix minutes d’interview, c’est trop. A fortiori lorsqu’on n’est pas, soi-même, l’objet de l’interview ! Cette confession narcissique pour attirer l’attention sur ce point essentiel : vous aussi, vous avez des tics de langage que les autres trouvent insupportables et que vous ignorez. Car le propre d’un tic de langage, c’est précisément d’être inconscient. Bonne chasse…


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